Réponse à la critique d’un lecteur

à propos de…

BONNES NOUVELLES D’UN AUTRE MONDE

LE TÉTRAPAGE 2 – page 1

Pour répondre au lecteur furibard qui me reproche de crypter les cinq courts textes de la première page du Tétrapage n°2 et ne pas jouer à l’érudit bidon voici une petite mise au point. Ces cinq articles ont avant tout une fonction décorative. Ils sont là pour encadrer des images qui leur sont étrangères et donner l’illusion d’un vrai journal dans lequel cohabiteraient des rubriques hétérogènes. Leurs hauteurs et leurs largeurs viennent de là, boucher des trous. Leur contenu a en commun d’appartenir à un monde semblable au nôtre, à trois poils près. Certaines choses ou évènements peuvent exister ici, dans notre monde, et ailleurs, dans un monde parallèle. Ici, elles se passent d’une certaine façon, ailleurs, autrement. C’est tout.

Trois de ces cinq articles, «Une sortie honorable», «Contre toute attente» et «Voir double» répondent simplement à de réelles questions qui ici sont insolubles, ou presque, et ailleurs résolues en un tour de main. «Une sortie honorable» fait référence à l’installation d’un objet de quarante tonnes devant le musée d’art moderne de ce monde parallèle et à son devenir géologique. «Contre toute attente» apporte une issue réconfortante aux jeux olympiques de 2024 et à l’errance des orang outans. «Voir double» règle une fois pour toutes le délicat problème diplomatique de la restitution des œuvres d’art volées.

Les deux articles, «Halte au vestibule» et « Esprit d’escalier », causes principales de la fureur du lecteur, ont en commun d’être des exercices d’admiration.

«Halte au vestibule» – J’ai découvert récemment, à l’occasion d’une exposition, les tableaux extraordinaires d’un dessinateur de livres pour enfant. Ces grands tableaux, que je suis retourné voir plusieurs fois dans un très grand espace en une petite semaine, ont disparu, ils étaient vendus au premier jour, je ne les verrai plus. Leur reproduction dans les livres ne leur rend pas justice, ils seraient bien ensemble dans une grande salle à l’égale de celle de Rubens, au Louvre. Les voici donc installés dans un grand musée de ce monde parallèle, un palais de la mémoire, libre et gratuit, ouvert le mardi. Pour corser l’affaire, l’article raconte le vol d’un de ses tableaux et attribue au tableau volé un titre qui lui irait très bien. Ce dessinateur existe, ici il est vivant, ailleurs c’est un peintre du seizième Siècle, dans les deux cas, son nom est Frédéric Pillot.

«Esprit d’escalier» – Un caprice de plus. Ici aussi, tout est vrai, sauf l’assemblage. La nouvelle citée existe, je la relis souvent, elle raconte l’histoire d’un enfant mythomane qui, témoin d’un meurtre commis par les voisins du dessus, décide de dire la vérité et le raconte à ses parents. Ils ne le croient pas et, avant de le punir, le forcent à s’excuser auprès des voisins. Le reste suivra. William Irish est l’auteur de cette «Incroyable histoire». L’article ne fait que parler de l’adaptation cinématographique que Jeff Nichols en ferait dans cet autre monde. Presque tous les films de ce réalisateur sont centrés autour d’un enfant, son adaptation serait parfaite. Tant qu’à faire, je choisis aussi le musicien, Mocke, un guitariste français que j’aimerais voir plus souvent en concert. Tout est vrai, l’écrivain a existé, la nouvelle existe, le réalisateur et le musicien aussi, le film n’existe pas, sauf dans ce monde parallèle ou ici, dans une première version tournée en 1949.

Je tiens à remercier ce lecteur fort intelligent, grand familier du clic chercheur et navigateur de la connaissance, d’avoir omis de trouver lui-même ces quelques informations, toutes exactes séparément. Une explication laborieuse vaut mieux qu’un procès en cuistrerie.

TOUJOURS N’IMPORTE QUOI – JAMAIS N’IMPORTE COMMENT